pixbay cube-568191_960_720La théorie de la dépendance, née dans les années 50-60 (surtout développée en Amérique du Sud) explique les rapports de dépendance économique qui existent entre les pays pauvres et les pays riches (la différence étant en faveur des pays nantis). Pour le théoricien de cette pensée, les pays plus riches exploitent les pays plus pauvres – ou en voix de développement – pour assurer leur croissance économique. Dans cette théorie, l’auteur principale de cette théorie met en évidence le rapport centre-périphérie (Raul Prebisch, 19811). Le centre de ce système de dépendance est le lieu où sont prises les solutions les plus importantes et la périphérie est le lieu de la production primaire du travail (matières de base).L’objection à cette théorie est l’iniquité mondiale générée par ce système entre les pays plus développés et les autres, plus pauvres. Pour avoir une dépendance, doit donc exister une relation de soumission entre un sujet A et un sujet B.

La théorie de l’interdépendance économique, par contre, provient de la tradition libérale des R.I (Relations Internationales) – elle est apportée comme une réponse aux postulats principaux des théoriciens réalistes. L’Etat n’est pas considéré comme l’unique agent qui influence les politiques internationales mais plutôt comme une variable avec des préférences associées. Au dessus de l’Etat, dans les économies modernes, on retrouve d’autres entités plus grandes (Organisation Internationales, NGO, Multinationales ecc..) qui agissent sur les choix des acteurs. Pour le père de l’interdépendance économique (COOPER R. 1968 – 1972), les relations entre les Etats les plus importants du XXème siècle (USA, Europe Occidental, Japon) amènent à une coopération positive. Cette coopération conduit les pays vers une richesse majeure et non exclusivement sur l’idée réaliste (Waltz 1979)2 de conserver à tout prix la sécurité dans un monde anarchiste. L’interdépendance économique amène donc les Etats à une politique étrangère et une conception d’organisation mondiale différente du passé. L’augmentation des flux financiers et commerciaux a un effet sur les politiques nationales des Etats. En conséquence, les politiques économiques internationales réduisent presqu’à néant la liberté de choix des institutions (ministères, agences ecc..) nationales (MORSE, 1970 – Modernisation).

Les néo-réalistes critiquent vivement l’équilibre naturel promu par les théoriciens de l’interdépendance économique et mettent en avant les hiérarchies de pouvoir dans les rapports de coopération. Les variables liées au pouvoir amenuisent la coopération positive entre les agents (Waltz 1970, Stein 1973) créant une dépendance ou une “coopération asymétrique“. Suite à ces débats, les théoriciens de l’interdépendance économique ont développé le concept d’ “interdépendance complexe” (KEOANE R., NYE J. 1977 3) où ils considèrent les rapports internationaux d’une manière asymétrique (donc pas coopérative à 100%). La complexité de l’interdépendance pour ces auteurs dérive d’une “asymétrie de vulnérabilité4” des Etats dans un contexte de compétitivité et d’équité pas tout-à-fait évidente. Le développement des rapports étatiques se développe davantage à l’occasion des “issues areas(énergie, monétaire, financière, commerciale) où l’utilisation de la guerre est toujours moins préférable. On cherche l’indépendance dans un monde de plus en plus interdépendant.

1 Raul Prebisch, Capitalismo periférico: crisis y transformación, Fondo de Cultura Economica, Mexico, 1981, ISBN: 9681608194, 344 pages.
2 Kenneth Neal Waltz, « Dans l’anarchie, la sécurité est le but le plus élevé. C’est seulement si la survie est assurée que les Etats peuvent poursuivre en sécurité d’autres objectifs tels que la tranquillité, le profit, et la puissance… » “Theory of International Politics, New York, Random House, 1979, p. 126
3 Robert O. Keohane , & Josef S. Nye, Power and interdependence: World politics in transition, 1977, Boston: Little, Brown.
4 Ibid « Nothing guarantees that relationships that we designate as «interdependent» will be characterized by mutual benefit. » page 10.