AUTHOR: KEVIN NGIRIMCUTI

LANGUAGE: French

Ces derniers mois, l’Europe a été témoin d’une vague migratoire de proportions vertigineuses. Perdus au milieu de la Méditerranée, des milliers de migrants voyagent entre deux mondes pour s’échouer sur les côtes d’Italie. Ne pouvant plus vivre dans l’indifférence et la misère, ils saisissent la chance d’une nouvelle vie. Les prochaines vagues viendront à priori, d’Afrique ou encore du Moyen Orient.

Comme vous l’aurez compris, cet article s’intéresse aux migrants rejoignant l’Europe. Souvent, lorsqu’ils arrivent dans le Nord, un processus d’intégration est pris en charge afin de les insérer dans le nouveau tissu social. D’un point de vue politique, les administrations nationales se doivent de suivre un ensemble de règles pour encadrer les flux migratoires. Or, il arrive que les migrants soient placés dans des HLM précaires ou dans des ateliers de travail. Et cela dans le meilleur des cas. D’autres fois, ils sont tout juste condamnés à arpenter les rues, les ponts ou les parcs des villes qui les accueillent.

Les raisons qui poussent les migrants à fuir leur pays d’origine sont multiples : un équilibre politique précaire, le spectre d’une guerre imminente ou, plus simplement, l’exclusion sociale dont s’accompagne une situation de chômage structurel. Quand prime survie, les migrants partent. Ce sont souvent les hommes qui entament le voyage, en laissant leurs familles derrière eux. Ce voyage de la dernière chance nous pousse à nous demander quelles sont les règles et les procédures pour accueillir les migrants, et dans quelle mesure le processus d’intégration peut devenir un terrain fertile pour la discrimination.

L’enjeu avance et les mentalités changent à mesure qu’il creuse son sillon. Pour bien comprendre sa portée, il faut garder à l’esprit que le processus d’intégration peut durer deux, voire trois ans. Les migrants sont souvent laissés à eux mêmes, sans moyens de communication. Une longue attente pleine d’incertitudes en somme. D’ailleurs, le directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, a insisté sur la portée des dernières vagues migratoires. Selon ses déclarations, entre 500 .000 et 1 million de personnes sont prêtes à quitter la Libye pour atteindre le Nord[1]. Les autorités doivent traiter un nombre impressionnant de demandes d’asile sans précédent, surtout que les bateaux arrivent en moyenne tous les jours. Les images et les documents sont disponibles à milliers sur la Toile et dans la presse.

Comment faire pour aider les migrants? Plusieurs ressources sont mises à disposition pour accueillir les réfugiés. Certains pays ont mis en place des centres d’accueil disposant de plus de 70000 places. D’autres pays placent les réfugiés dans d’autres structures, en s’adressant aux l’hôtels ou aux écoles publiques[2]. Toutefois cette démarche crée un conflit au sein des échiquiers politiques nationaux. On remarque, tant sur le plan national que supranational, la prolifération de partis politiques fermement opposés à l’arrivée des réfugiés, car ils les considèrent comme un poids susceptible d’aggraver les problèmes de leurs pays. On notera à ce propos que plusieurs centres d’accueil ont été attaqués pour montrer une opposition à l’accueil des migrants. Or, la hausse des violences crée une souffrance et exacerbe les sentiments de tous.

Sur le long terme, seules les grandes institutions seront capables d’élaborer une stratégie durable pour les migrants qui viennent en Europe. Il faudra compter sur une grande puissance comme l’Allemagne pour accueillir une grande majorité d’entre eux. Il n’en reste pas moins que certains migrants embarquent dans des trains de manière illégale afin de traverser certaines frontières, ce qui pose problème. L’échec est palpable, mais la réussite aussi.

[1] J-M-D. Migrants. La grande peur des européens. L’express. 27 mai 2015.
[2] J-M-D. Migrants. La grande peur des européens. L’express. 27 mai 2015.

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